02 - Cette Pédale que Vous Avez Entendu des Centaines de Fois Sans Savoir

02 - Cette Pédale que Vous Avez Entendu des Centaines de Fois Sans Savoir

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Mikaël Simard
Blogues

Qu’ont en commun Joe Satriani, Mike Stern et Steve Vai? Ce sont tous des guitaristes, bien sûr, mais surtout des musiciens adeptes de distorsion. Dans le monde de la musique, certains instruments occupent naturellement le devant de la scène: la guitare, le piano, la batterie, la basse, ou encore le violon, pour n’en nommer que quelques-uns. Pourtant, il existe aussi une multitude d’instruments et d’accessoires qui passent souvent sous le radar, mais qui font toute la différence dans un son. C’est notamment le cas de la Boss DS-1 Distortion Pedal, une pédale que vous avez probablement entendue des centaines de fois… sans même le savoir!

C’est en 1978 que la division BOSS de la société japonaise Roland dévoile sa toute première pédale de distorsion, la DS-1 Distortion Pedal. Sa popularité est rapide, notamment grâce à son prix abordable et à la qualité de son grain de distorsion. D’ailleurs, dès l’année suivante, plusieurs fabricants concurrents lancent à leur tour leurs propres pédales de distorsion pour rivaliser avec la DS-1.

Crédit Vidéo: Middle Aged Gear Junkie sur Youtube

Lors de sa conception, les ingénieurs de BOSS ont fusionné les deux types de circuits de saturation les plus répandus à l’époque, les transistors et les amplificateurs opérationnels, pour créer un circuit unique basé sur un écrêtage dur (hard clipping). Son fonctionnement est assez simple: trois contrôles suffisent pour façonner le son distordu que nous aimons tant. On retrouve le volume de sortie (Level), le taux de saturation (Distortion), ainsi que le réglage des aigus (Tone). Une fois les paramètres ajustés, l’effet s’active d’une simple pression du pied sur l’interrupteur, d’où le terme « pédale ». BOSS lancera ensuite une version améliorée en 1987, la DS-2 Turbo Distortion, mais celle-ci fera un peu moins parler d’elle que son illustre aînée.

Énormément de musiciens ont utilisé (et utilisent encore) la DS-1. Comme mentionné plus tôt, le légendaire Mike Stern en est un fervent adepte depuis le début de sa carrière. « J’ai utilisé la distorsion, la DS-1, sur chacun de mes propres albums, et aussi sur beaucoup d’albums d’autres artistes. Je l’utilise tout le temps. Elle me convient parfaitement, et elle a un son vraiment agréable, donc je l’utilise depuis toujours », racontait-il en 2006 lors d’une entrevue pour le BOSS Users Group.

 

Outre le célèbre Joe Satriani et son ancien élève Steve Vai, qui a depuis longtemps dépassé ce rôle, d’autres icônes de la guitare se sont également approprié la pédale orange. C’est le cas de George Lynch, qui confie l’utiliser depuis les années 80, toujours dans le cadre d’une entrevue pour le BOSS Users Group. On peut aussi penser à John Frusciante, guitariste des Red Hot Chili Peppers, qui a qualifié la DS-1 et la DS-2 de pièces maîtresses dans la conception de leur album culte Stadium Arcadium.

 

Enfin, il est impossible de parler de distorsion sans évoquer les années 90 et l’émergence du grunge. Tels des ambassadeurs du mouvement, Nirvana contribue à populariser les sons saturés comme jamais auparavant. Et comme vous l’aurez deviné, Kurt Cobain était lui aussi un grand adepte de la fameuse pédale orange. Il l’aurait notamment beaucoup utilisée lors de l’enregistrement du premier album du groupe, Bleach.

 

Credit Images: Kurt Cobain's BOSS DS-1 

 

Le producteur et musicien de Seattle Jack Endino s’en souvient d’ailleurs très bien : « C’est un Twin de 1967. En fait, je l’ai encore; on l’appelle le “Bleach Twin” parce que Kurt l’a utilisé sur Bleach. Et je peux vous dire que Kurt utilisait une BOSS DS-1, la pédale orange avec trois boutons. C’était son son en 1989. » Par la suite, Cobain adoptera plutôt la DS-2 pour une bonne partie du reste de sa carrière.

La Boss DS-1 Distortion Pedal s’est imposée comme un véritable classique de l’industrie. Comme le souligne Josh Scott de JHS Pedals : « C’est littéralement LA pédale de distorsion. Quand on dit “pédale de distorsion”, une boîte orange me vient immédiatement en tête. Pour moi, c’est une véritable icône de la culture populaire. » Peu de pédales peuvent se vanter d’une longévité aussi impressionnante. Incontournable depuis les années 70, la DS-1 continue de séduire et son avenir semble plus prometteur que jamais. Chaque année voit l’arrivée de nouveaux modèles, et pourtant, le public n’est pas prêt à dire adieu à la célèbre boîte orange. Une preuve que parfois, c’est dans la simplicité que réside la perfection.

 

Texe par: Mikaël Simard

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